L’un des apports du colloque a été à mon sens, de réfléchir à la manière dont nos actions étaient ou non politiques. Et ce n’est pas si simple ! Suffit-il de se « déclarer militant » pour de fait entrer en politique… Et par ricochet, faut-il que nos actions soient politiques pour être militantes ?
La figure de Jacques Rancière a plané sur le colloque pour éclairer la manière dont une œuvre ou une démarche artistique peut avoir une portée politique, pour cela il ne suffit pas, comme l’atelier militantisme culturel et politique l’a montré, de dénoncer la société de consommation, il ne suffit pas non plus de proposer une démarche participative, ou de créer de la subversion au cœur du système, mais d’introduire un autre régime du dicible, du possible et du faisable capable de provoquer du dissensus et de mobiliser un « public ». « Les pratiques de l’art ne sont pas des instruments qui fournissent des formes de conscience ou des énergies mobilisatrices au profit d’une politique qui leur serait extérieure. Mais elle ne sortent pas non plus d’elles-mêmes pour devenir des formes d’action politique collectives. Elles contribuent à dessiner un paysage nouveau du visible, du dicible et du faisable. Elles forgent contre le consensus d’autres formes de « sens commun », des formes d’un sens commun polémique. » Jacques Rancière Le spectateur émancipé, La fabrique, 2008, p 84.
Emilie Da Lage.